Le 20 juin 1943, plusieurs figures de la Résistance se
donnèrent rendez-vous à l'angle du quai Sarrail et du pont Morand à Lyon, capitale de la Résistance, en vue de préparer la réunion du lendemain pour
la désignation du remplaçant du Général Delestraint au commandement de l'Armée Secrète...
Jean Pelletier dans son livre :
Connaître son arrondissement le 6e, nous explique : "La baignade dans le Rhône est une importante activité durant les périodes chaudes : elle se pratique pour
l'essentiel en amont et en aval du pont Morand avant la construction des quais. Elle est plusieurs fois réglementée : En particulier il est rappelé
qu'il est interdit de se baigner sans caleçon... On installe (en 1837) une boîte de "service aux noyés", place Louis XVI (place Maréchal Lyautey)
comportant un appareil de réanimation rudimentaire et surtout, en été, un garde disposant d'une barque. En 1842, On implante une école de natation sur le même lieu. La fréquentation est surtout
populaire et entièrement masculine". Les hommes vont dans l'eau à partir des berges de sable et de cailloux, les grèves, et nagent jusqu'aux bancs de sable
nombreux dans le lit du fleuve.
"Sous le
Second Empire, la bourgeoisie des Brotteaux offusquée par le spectacle des baigneurs qui ne portent pas toujours de caleçon, organise un système de bains payants dans des bateaux
piscines fermés aux regards et divisés en deux parties : une pour les hommes, l'autre dédiée aux femmes.
Une
anecdote sur le Pont Morand extraite de l'article rédigé par B.Chabanas dans le dernier numéro de la revue trimestrielle L'Araire sur l'époque révolutionnaire dans la région
lyonnaise.
De 1916 à 1920, la Foire de Lyon ne possède pas encore de bâtiments propres et se tient chaque
année du 1er au 15 mars dans des locaux municipaux. De nombreux stands sont également installés sur les quais, les cours et les places de Lyon dont la place Morand dans le
6ème arrondissement.
Il existait autrefois deux kiosques à musique place Morand (aujourd'hui place Maréchal
Lyautey)...
Les kiosques à fleurs de la Place Maréchal Lyautey
(ancienne place Morand) : Leur projet date de 1911-1913.
Leur conception tardive et leur construction elle-même retardée par la guerre, expliquent l'important décalage dans le temps de ces réalisations issues des modèles du siècle précédent. L'architecte en est Charles Meysson, et Brizon pour la construction métallique. Meysson avait prévu à l'origine 4 kiosques pour la place Lyautey, deux seulement seront réalisés. La construction s'échelonne de 1914 à 1924.
Bernard Marrey, en 1982, dans son ouvrage sur l'architecture Rhône-Alpes, les décrit ainsi : "Ils sont presque entièrement vitrés pour ne pas créer devant l'oeil du
promeneur une masse opaque. Les parties pleines peu nombreuses sont recouvertes de carreaux de faïence de diverses couleurs, fabriqués par Belvèze. De trois mètres de côté, ils
sont formés d'une charpente en fer, fixée dans un soubassement en ciment imitant la pierre blanche, et d'une couverture en zinc." Source : Le Guichet du Savoir
De nos jours, deux fleuristes Le Kiosque fleuri exploité depuis 20 ans par Mr Gourland et Trois couleurs
vert, repris par Julie Baudegard continuent à faire vivre ces kiosques et à proposer un large choix de fleurs et de plantes pour le plaisir de tous. Ils sont ouverts 5 jours
par semaine de 8h30 à 20h00 ainsi que le dimanche matin et participent incontestablement à l'embellissement de cette
place. Fin 2007, Le Kiosque fleuri a réalisé quelques travaux de rénovation dont une large baie vitrée qui sera visible dès la fin des travaux de parking.
Photo : Sylvie
Le livre de Louis Gamichon, Quand Lyon s'amusait aux éditions Bellier, nous décrit la vie des lyonnais aux
XIXème siècle... un livre passionnant qui nous apprend beaucoup sur une certaine époque.
Les lyonnais allaient aux Fêtes baladoires et Vogues, dont celle "des Choux" à Perrache. Les Joutes occupaient la Saône et les baigneurs faisaient trempette dans les Bèches du Rhône, sous la surveillance des maitres-nageurs Pied-fin ou Quatre-sous. Les Brasseries attiraient les buveurs de bière avec de belles serveuses que l'on appelait "Hébés". Et puis il y avaient ces bons restaurants, si célèbres, ces nombreux cafés conc' et les bars où l'on jouait aux cartes et aux jeux d'argent : le Loto italien, le Baccara, la Poule européenne, la Cible Franco-Russe. Le dimanche on se passionnait pour les courses d'ânes à Charbonnières ou les arènes lyonnaises. Les maisons closes, ne se cachaient pas et possédaient enseigne sur rue...
Autour de la place, il y avait :
"En 1830, le Café du Grand Orient, grande allée des Brotteaux (Cours morand) était le siège de la nouvelle garde nationanle en lutte ouverte contre le Maire et le Préfet. Autres curiosités, le Café des Tuileries 3, cours Morand dont le propriétaire se flattait d'être, sous le Second Empire, le café officiel des officiers de cavalerie."
Côté gastronomie, "entre 1820 et 1830, la mère Victor excellait dans la quenelle qu'elle mijotait Place Morand, à l'enseigne "A la renommée des Bonnes Quenelles". Il y avait aussi sur cette place le restaurant Rivière de bonne réputation."
Côté Café conc', autrement dit café-concert, "les amateurs de French-Cancan allaient au café-concert de l'Orphéon au 63 avenue de Noailles (avenue Foch) ou au 55-57 aux Folies-Bergère. (Ce dernier était à la fois un café-concert et une salle de patinage. A partir du des années 1880, ce lieu s'orientait surtout vers le patinage (Skating-Rink) et la danse. Il abritait également des conférences, des réunions politiques, des concerts lyriques et des séances de cinéma. Il ferme en 1907 et devient un garage.) Lyon, à l'époque, possédait de nombreux et célèbres Café Conc' comme l'Alcazar, le Casino, l'Eldorado ou encore l'Olympia, rue Duquesne."
"Au second Empire, la prostitution lyonnaise avait annexé la rue Monsieur (qui deviendra la rue Molière, "la Moluche" selon l'argot du milieu). Cette rue, longue de 500 mètres, possédait 22 maisons closes aux enseignes évocatrices : Pont d'Arcole, Retour d'Afrique, Rose Blanche, l'île de Cythère ou le Berceau d'Amour."
Derniers commentaires